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Aide aux devoirs a Poitiers
Plutôt qu'une liste de conseils, un cas suivi du début à la fin. Il est composite et ne décrit personne en particulier, mais chacune de ses étapes se rencontre couramment. Ce qui s'y joue vaut bien au-delà de la matière concernée.
Le point de départ : une note qui tombe
Un élève de 5e passe de 13 à 8 de moyenne en mathématiques entre le premier et le deuxième trimestre. À la maison, il dit que ça va, qu'il a compris, qu'il n'a pas de devoirs. Le travail du soir dure dix minutes.
La réaction habituelle consiste à chercher un intervenant en mathématiques. C'est prématuré : rien dans ce tableau ne dit encore que la difficulté est mathématique. Une chute brutale dans une seule matière au deuxième trimestre a plusieurs causes possibles, et la compréhension n'est que l'une d'elles.
Ce que trois vérifications font apparaître
Trois choses se vérifient avant toute dépense, et elles prennent une semaine.
Dans ce cas, le cahier de textes contredit l'enfant : il y a du travail presque tous les soirs. Le cahier de cours comporte des trous à partir d'une date précise. Et la professeure signale une baisse de participation à peu près au même moment. Le tableau change : ce n'est pas un problème de compréhension des mathématiques, c'est un décrochage qui a commencé à une date identifiable.
- Le cahier de textes numérique : ce qui est réellement donné, comparé à ce qui est déclaré à la maison.
- Le cahier de cours : est-il tenu, et à partir de quand cesse-t-il de l'être ?
- Un message au professeur : que voit-il en classe, et depuis quand ?
Ce qui a réellement débloqué la situation
Pas un cours particulier. D'abord une conversation sur ce qui s'est passé à cette date, qui a fait apparaître un chapitre manqué pendant une absence et jamais rattrapé, puis l'engrenage : chapitre suivant incompris, participation abandonnée, évitement du travail à la maison.
Ensuite un rattrapage ciblé sur ce seul chapitre, via le dispositif d'accompagnement de l'établissement, gratuit. Enfin le rétablissement d'un temps de travail court et quotidien, avec le cahier de textes ouvert devant le parent le temps que l'habitude revienne. La moyenne est remontée sur le trimestre suivant sans qu'aucune heure n'ait été achetée.
Ce que ce cas a de généralisable
Quatre choses, qui valent pour la plupart des chutes brutales dans une matière isolée.
- Une baisse soudaine a une date. La chercher vaut mieux que traiter le symptôme, et l'entourage scolaire la connaît souvent.
- Le discours de l'enfant n'est pas une source fiable sur la charge de travail, sans que cela relève du mensonge : l'évitement se raconte comme une absence de devoirs.
- Un chapitre manqué produit des dégâts disproportionnés dans les matières cumulatives, mathématiques en tête. Le rattraper coûte peu ; ne pas le rattraper coûte une année.
- Le gratuit passe avant le payant, non par principe d'économie mais parce que les dispositifs de l'établissement connaissent le programme réellement suivi.
Quand ce raisonnement ne s'applique pas
Il ne s'applique pas à une difficulté ancienne et diffuse, présente dans plusieurs matières depuis plusieurs années. Là, il n'y a pas de date à trouver ni de chapitre à rattraper, et la réponse relève d'un accompagnement plus lourd, éventuellement d'un bilan auprès d'un professionnel.
Il ne s'applique pas non plus quand la difficulté porte visiblement sur la lecture ou sur l'expression écrite : ces deux points affectent toutes les matières à la fois et se traitent pour eux-mêmes. Les distinguer d'un décrochage ponctuel évite de perdre du temps sur une piste qui ne mène nulle part.
Questions fréquentes
Comment aborder la conversation sans braquer l'enfant ?
En partant d'un constat daté plutôt que d'un reproche : « j'ai vu que ça se passait bien jusqu'en novembre et moins bien après, qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ». Une question sur un moment précis appelle une réponse ; une question sur le travail en général appelle une défense.
Et si l'enfant ne sait pas expliquer ce qui a changé ?
C'est fréquent, surtout au collège. Les repères matériels prennent alors le relais : les dates d'absence, le moment où le cahier se dégrade, les évaluations. Le professeur principal complète souvent le tableau mieux que l'élève lui-même.
Un chapitre manqué se rattrape-t-il vraiment tout seul ?
Rarement seul, mais vite avec de l'aide : c'est un volume limité et identifié. La difficulté n'est pas le rattrapage, c'est de repérer qu'il y a quelque chose à rattraper, ce qui n'apparaît pas dans une moyenne.
Faut-il quand même prendre des cours en parallèle ?
Pas avant d'avoir mesuré l'effet du rattrapage ciblé. Engager les deux en même temps rend impossible de savoir ce qui a marché, et fait payer une prestation qui n'était peut-être pas nécessaire.