Métiers du numérique · après le bac

Devenir developpeur informatique

C'est l'un des rares métiers qualifiés où ce qu'on sait faire se démontre directement. Aucune profession réglementée, aucun diplôme obligatoire : un portefeuille de projets pèse dans un recrutement autant qu'un relevé de notes, parfois davantage.

Aucune voie obligatoire, mais des voies plus sûres

Le métier n'est pas réglementé : rien n'impose un diplôme pour exercer. Plusieurs chemins coexistent réellement, et aucun n'est marginal.

  • Bachelor universitaire de technologie en informatique : trois ans, très encadré, souvent accessible en alternance.
  • Licence puis master d'informatique : plus théorique, mène aux postes spécialisés et à la recherche.
  • École d'ingénieurs : socle scientifique large et dimension gestion de projet.
  • Écoles spécialisées : formats variés, à vérifier au répertoire national des certifications.
  • Autoformation : possible, plus exigeante, et qui suppose un portefeuille de projets solide.

Ce que le métier demande vraiment

L'image du codeur solitaire est largement fausse, et elle décourage à tort des profils qui conviendraient très bien.

L'essentiel du travail consiste à comprendre un besoin, à lire du code écrit par d'autres, à discuter des choix techniques et à corriger ce qui ne marche pas. Écrire du code neuf occupe une part plus faible qu'on ne l'imagine.

Cela suppose des qualités qui ne sont pas techniques : savoir poser une question précise, expliquer un problème à quelqu'un qui n'est pas informaticien, accepter que son code soit relu et critiqué.

La capacité à apprendre seul est en revanche décisive, parce que les technologies changent. Ce qui se transmet dans une formation, ce sont les principes ; les outils, il faudra les apprendre plusieurs fois au cours d'une carrière.

Le portefeuille de projets

C'est l'élément qui différencie deux candidatures à diplôme équivalent, et il se construit dès les études.

Trois habitudes suffisent : versionner son code sur une plateforme publique, écrire ce que le projet fait et pourquoi certains choix ont été faits, et le terminer suffisamment pour qu'il fonctionne.

Un projet modeste et fini vaut mieux que trois ambitieux abandonnés. Ce qu'un recruteur cherche à savoir n'est pas si le candidat sait tout faire, mais s'il sait mener quelque chose de bout en bout.

Contribuer à un projet existant apprend une chose que les projets personnels n'apprennent pas : travailler dans du code qu'on n'a pas écrit, en respectant des conventions posées par d'autres.

Les spécialités, et ce qu'elles changent

Le mot développeur recouvre des métiers dont les quotidiens diffèrent sensiblement.

Le développement d'interfaces s'occupe de ce que l'utilisateur voit et manipule : il demande un sens de l'ergonomie autant que de la technique. Le développement côté serveur traite les données, la logique métier et la performance.

Les systèmes embarqués travaillent au contact du matériel, avec des contraintes de mémoire et de temps réel. Les données et l'apprentissage automatique supposent une base mathématique et statistique plus lourde.

L'infrastructure et l'exploitation, enfin, s'occupent de faire tourner et tenir les systèmes. Toutes ces voies partagent des fondements communs, ce qui rend les passages de l'une à l'autre fréquents au cours d'une carrière.

Ce qu'on peut commencer avant les études

C'est un des rares domaines où l'on peut acquérir des compétences réelles au lycée, et où cela se voit ensuite.

Choisir un langage et écrire un programme complet, même simple : un jeu, un outil, un site. L'important est de le finir.

L'enseignement de spécialité numérique et sciences informatiques constitue une bonne préparation, sans être obligatoire pour la suite. Beaucoup d'étudiants découvrent la programmation à l'université et réussissent très bien.

En revanche, conserver les mathématiques en terminale est un vrai atout : l'algorithmique, la complexité et les structures de données reposent dessus, et c'est ce qui manque le plus souvent aux autodidactes.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour être développeur ?

Aucun n'est obligatoire, le métier n'étant pas réglementé. Un diplôme facilite l'entrée et donne les fondements théoriques ; un portefeuille de projets pèse aussi lourd dans un recrutement.

Faut-il être bon en mathématiques ?

Pour la plupart des postes, un raisonnement logique solide suffit. Les mathématiques deviennent indispensables pour les données, l'apprentissage automatique et les domaines algorithmiques exigeants.

BUT informatique ou licence ?

Le bachelor universitaire de technologie est plus encadré, plus appliqué et souvent accessible en alternance. La licence est plus théorique et prépare au master ou à la recherche. Les deux permettent de poursuivre.

Peut-on apprendre en autodidacte ?

C'est possible et cela arrive, mais c'est plus exigeant : il faut construire soi-même les fondements théoriques que les formations transmettent, et démontrer ses compétences par des projets.

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