Métiers de la santé · après le bac
Devenir orthophoniste
L'orthophonie ne passe pas par la première année de santé : elle a ses propres centres de formation et sa propre sélection. C'est aussi le métier de santé dont le champ est le plus mal connu — il ne se limite ni aux enfants, ni au langage oral.
Une voie d'accès distincte
Contrairement à la médecine, à la pharmacie ou à la maïeutique, l'orthophonie ne s'atteint pas par la première année commune aux études de santé.
Les centres de formation universitaires recrutent selon leurs propres modalités, via la plateforme nationale d'admission. La sélection combine généralement l'examen du dossier et des épreuves propres au centre, dont la nature varie.
Ces épreuves portent souvent sur la maîtrise de la langue française, le raisonnement logique et les aptitudes à la communication. Elles se préparent, et la qualité de l'expression écrite y compte davantage que dans la plupart des filières de santé.
Le diplôme délivré est un certificat de capacité d'orthophoniste, qui confère le grade de master et autorise l'exercice.
Un champ beaucoup plus large qu'on ne le croit
L'image de l'orthophoniste qui corrige un zézaiement chez un enfant de six ans est très réductrice.
- Langage oral et écrit : retards de langage, troubles spécifiques des apprentissages, dyslexie.
- Troubles neurologiques acquis : aphasie après un accident vasculaire, maladies neurodégénératives.
- Déglutition : troubles de l'alimentation, du nourrisson à la personne âgée.
- Voix : rééducation vocale, y compris chez les professionnels de la voix.
- Surdité : accompagnement de l'acquisition du langage, implants.
- Cognition mathématique : troubles du raisonnement logico-mathématique.
Un métier de relation et de patience
La rééducation orthophonique se joue sur la durée : les progrès se mesurent sur des mois, parfois des années, et ils ne sont pas toujours linéaires.
Cela suppose une capacité particulière : maintenir la motivation d'un patient — enfant ou adulte — alors que les résultats sont lents, et accompagner l'entourage, qui joue un rôle central dans la réussite.
Le travail est individuel dans sa plus grande partie, ce qui convient à certains tempéraments et pèse à d'autres. Il suppose aussi de construire soi-même ses outils et de renouveler ses supports, ce qui demande de la créativité.
La dimension d'analyse est réelle : le bilan orthophonique est un raisonnement diagnostique complet, qui détermine ensuite tout le plan de rééducation.
Les lieux d'exercice
L'exercice libéral en cabinet est de loin le plus fréquent, seul ou en groupe, avec une patientèle mêlant enfants et adultes.
L'exercice salarié existe en établissement de santé, en centre de rééducation, en structure médico-sociale, en institut pour enfants sourds et en établissement scolaire spécialisé.
Beaucoup de praticiens combinent les deux, ce qui permet de varier les publics et de rompre l'isolement du cabinet.
La demande est forte dans une grande partie du territoire, avec des situations très contrastées selon les zones — un élément à prendre en compte dans un projet d'installation.
Se préparer à la sélection
Trois chantiers, dont le premier est le plus long et le plus déterminant.
La maîtrise de la langue française d'abord : orthographe, grammaire, vocabulaire, compréhension de texte. C'est l'objet central des épreuves et cela ne se rattrape pas en quelques semaines.
Le raisonnement logique ensuite, souvent évalué par des tests. Il se prépare par l'entraînement régulier sur des exercices du type de ceux du centre visé.
Enfin, la connaissance du métier : rencontrer des orthophonistes, comprendre l'étendue réelle du champ, savoir dire pourquoi ce métier plutôt qu'un autre. C'est ce que l'entretien évalue, et c'est ce que les candidats préparent le moins.
Questions fréquentes
Faut-il passer par la première année de santé ?
Non. Les centres de formation recrutent directement via la plateforme nationale d'admission, selon leurs propres modalités combinant dossier et épreuves.
Sur quoi portent les épreuves de sélection ?
Le plus souvent sur la maîtrise de la langue française, le raisonnement logique et les aptitudes à la communication. Leur nature varie d'un centre à l'autre et se vérifie sur la fiche de la formation.
Le métier concerne-t-il uniquement les enfants ?
Non. Il couvre toute la vie : troubles neurologiques acquis chez l'adulte, déglutition chez la personne âgée, rééducation vocale, surdité. Les enfants ne représentent qu'une partie de la patientèle.
Quel diplôme obtient-on ?
Le certificat de capacité d'orthophoniste, qui confère le grade de master et autorise l'exercice, en libéral ou en salariat.