Métiers de l'aérien · après le bac
Devenir pilote d'avion
Deux obstacles conditionnent tout, et aucun des deux n'est scolaire : l'aptitude médicale, qui se vérifie avant de s'engager, et le financement, qui varie du simple au très élevé selon la voie choisie. Les examiner en premier évite d'investir des années dans une voie fermée.
L'aptitude médicale, à vérifier avant tout
Le pilotage professionnel suppose une aptitude médicale délivrée par un centre agréé, à un niveau d'exigence élevé. Elle porte notamment sur la vision, l'audition, la fonction cardiaque et l'absence de certaines pathologies.
Elle doit être obtenue avant l'entrée en formation et renouvelée périodiquement pendant toute la carrière. Une inaptitude survenant en cours de carrière met fin à l'exercice, ce qui explique l'importance des assurances spécifiques dans ce métier.
La démarche à faire en premier, avant même de choisir une école, est donc de passer cette visite. Elle coûte peu au regard de ce qu'elle évite : découvrir une inaptitude après avoir engagé une formation représente une perte considérable.
Les voies d'accès et leur coût
Elles diffèrent radicalement par leur mode de financement, et c'est le critère qui structure le choix.
- La voie publique par concours : sélective, avec un coût pour l'élève sans commune mesure avec le privé.
- Les écoles privées agréées : accès plus ouvert, coût de formation très élevé à financer.
- Les filières cadets proposées par certaines compagnies : formation liée à un engagement contractuel.
- La voie militaire : formation prise en charge, contre un engagement de durée.
- La progression modulaire : obtenir les licences une à une, plus étalée dans le temps.
Ce que la formation comporte
Le parcours combine une part théorique lourde et une part pratique en vol, et la première surprend souvent ceux qui n'attendaient que la seconde.
La théorie couvre la mécanique du vol, la météorologie, la navigation, la réglementation aérienne, les performances, les communications, les facteurs humains et les systèmes de l'aéronef. Les examens correspondants sont nombreux et exigeants.
La pratique se déroule d'abord sur des appareils légers, puis sur simulateur et sur des appareils plus lourds. Elle est comptabilisée en heures de vol, dont un nombre minimal est requis pour chaque licence.
L'anglais occupe une place particulière : il est la langue de la radiotéléphonie internationale et fait l'objet d'une évaluation spécifique. Un niveau insuffisant bloque l'exercice, indépendamment des compétences de pilotage.
Après la formation
L'obtention des licences ne garantit pas l'emploi : le recrutement dépend fortement de la conjoncture du transport aérien, qui connaît des cycles marqués.
Les premiers postes se trouvent souvent sur des appareils plus légers, en aviation d'affaires, en travail aérien ou dans des compagnies régionales, avant d'accéder à des lignes plus longues.
La progression est ensuite structurée par l'expérience accumulée, mesurée en heures de vol, et par les qualifications de type obtenues sur des appareils spécifiques.
Le métier impose des découchés, des horaires irréguliers et des fuseaux horaires changeants. C'est une donnée de vie personnelle qui pèse autant que la technique.
Se préparer au lycée
Trois choses se travaillent utilement avant même le baccalauréat.
Les mathématiques et la physique, qui servent réellement dans la partie théorique et qui sont évaluées dans les concours des voies publiques.
L'anglais, dont l'importance est difficile à surestimer : il est la langue de travail et il fait l'objet d'une évaluation réglementaire.
Enfin, le brevet d'initiation aéronautique, accessible au lycée, permet de découvrir la matière et de vérifier son intérêt réel. Les aéroclubs, souvent accessibles dès l'adolescence, offrent quant à eux un premier contact concret avec le vol.
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme particulier ?
Les exigences varient selon la voie. Les concours des filières publiques supposent un bon niveau scientifique ; les écoles privées agréées sont plus ouvertes sur le diplôme mais coûteuses.
Combien coûte la formation ?
L'écart est considérable entre la voie publique par concours, la voie militaire et les écoles privées, où le coût est très élevé. C'est le premier critère à examiner, avec l'aptitude médicale.
L'anglais est-il vraiment déterminant ?
Oui. C'est la langue de la radiotéléphonie internationale et elle fait l'objet d'une évaluation réglementaire. Un niveau insuffisant empêche d'exercer, quelles que soient les compétences de pilotage.
Que peut-on faire dès le lycée ?
Passer le brevet d'initiation aéronautique, fréquenter un aéroclub, travailler les mathématiques, la physique et l'anglais. Et passer la visite médicale avant tout engagement financier.