Métiers du vivant · après le bac
Devenir veterinaire
Les écoles nationales vétérinaires recrutent par plusieurs concours distincts, correspondant à des niveaux d'études différents. Choisir sa voie d'accès est donc la première décision — et la réalité du métier, très majoritairement tournée vers les animaux de compagnie, mérite d'être connue avant de s'engager.
Plusieurs concours, plusieurs niveaux
L'accès aux écoles nationales vétérinaires se fait par des voies distinctes, chacune avec son concours et son contingent de places.
- Voie post-baccalauréat : concours accessible directement après le lycée, via la plateforme nationale.
- Voie après classe préparatoire biologie-chimie-physique-sciences de la Terre.
- Voie après une licence scientifique, avec un concours propre.
- Voie après un brevet de technicien supérieur ou un bachelor universitaire de technologie du domaine.
- Dans tous les cas : le nombre de places par voie est fixé et varie, ce qui change la stratégie.
La réalité du métier
L'image du vétérinaire de campagne, largement diffusée, ne correspond plus à la répartition réelle de la profession.
L'exercice auprès des animaux de compagnie constitue aujourd'hui la part la plus importante de l'activité, en clinique urbaine ou périurbaine. Le quotidien y mêle consultations, chirurgie, urgences et une relation forte avec les propriétaires.
L'exercice rural, auprès des animaux de rente, subsiste et connaît même des difficultés de recrutement dans certaines zones. Il suppose des déplacements constants, un travail physique, des astreintes, et une dimension de conseil économique à l'éleveur.
S'y ajoutent des exercices moins visibles : équine, faune sauvage, recherche, industrie pharmaceutique, santé publique vétérinaire, inspection sanitaire, armée. Certains ne comportent presque pas de consultation.
Ce que le métier demande
Les qualités attendues dépassent largement l'amour des animaux, et cette formulation, très fréquente dans les lettres de motivation, dessert plutôt les candidats.
La relation avec les propriétaires occupe une place centrale : expliquer un diagnostic, annoncer une mauvaise nouvelle, discuter du coût d'un traitement, accompagner une décision d'euthanasie.
La dimension économique est réelle et difficile : les soins ont un coût, tous les propriétaires ne peuvent pas l'assumer, et le praticien se trouve régulièrement à arbitrer entre ce qui serait souhaitable et ce qui est possible.
La charge émotionnelle est reconnue comme importante dans cette profession, et les écoles y sensibilisent désormais. C'est une donnée à connaître avant, pas à découvrir en exercice.
La formation
Le cursus en école vétérinaire combine sciences fondamentales, cliniques, et une part importante de pratique.
Les premières années couvrent l'anatomie, la physiologie, la pathologie, la pharmacologie, avec un volume de mémorisation considérable — plusieurs espèces, chacune avec ses particularités.
Les années cliniques se déroulent largement au contact des animaux, dans les cliniques universitaires des écoles, avec des gardes et des urgences.
Une année de spécialisation ou de thèse d'exercice complète généralement le parcours, et des internats permettent ensuite d'approfondir un domaine.
Se préparer et se renseigner
Deux démarches valent plus que toutes les lectures.
Le stage en clinique, d'abord. La plupart des cliniques acceptent des observateurs quelques jours, et c'est le meilleur moyen de vérifier son rapport au sang, à la souffrance animale et à la relation avec les propriétaires.
Le contact avec l'élevage, ensuite, pour ceux qui envisagent la voie rurale. Il donne une idée du rythme, des conditions de travail et de la nature du dialogue avec les éleveurs.
Sur le plan scolaire, les sciences de la vie et de la Terre et la physique-chimie sont les enseignements les plus directement utiles, et un bon niveau général reste nécessaire quelle que soit la voie d'accès choisie.
Questions fréquentes
Comment entre-t-on en école vétérinaire ?
Par plusieurs concours distincts : après le baccalauréat, après une classe préparatoire, après une licence scientifique, ou après un diplôme technologique du domaine. Chaque voie dispose d'un contingent de places propre.
Le métier est-il surtout rural ?
Non, plus aujourd'hui. L'exercice auprès des animaux de compagnie constitue la part la plus importante de l'activité. L'exercice rural subsiste et connaît des difficultés de recrutement dans certaines zones.
Faut-il aimer les animaux ?
C'est nécessaire mais très insuffisant. La relation avec les propriétaires, la dimension économique des soins et la charge émotionnelle sont au moins aussi déterminantes dans le quotidien.
Quels enseignements privilégier au lycée ?
Sciences de la vie et de la Terre et physique-chimie sont les plus directement utiles. Un bon niveau général reste nécessaire, les concours étant sélectifs quelle que soit la voie.