Philosophie · terminale

Theme de la liberte en philo

La liberté est la notion où le sens commun et la philosophie divergent le plus vite. Être libre, dit-on, c'est faire ce qu'on veut. Mais vouloir, est-ce déjà être libre ? Toute la notion tient dans cette question, et dans la place qu'on accorde aux causes qui nous font vouloir.

Le problème

Nous nous éprouvons libres : rien ne semble m'empêcher de lever la main ou de la laisser tomber. Ce sentiment est immédiat et difficile à contester de l'intérieur.

Pourtant, tout ce que nous savons par ailleurs va dans l'autre sens. Notre éducation, notre milieu, notre biologie, notre histoire personnelle expliquent nos choix — et une explication complète semble ne rien laisser au choix lui-même.

Le problème n'est donc pas « sommes-nous libres ou non », question qui appelle une réponse creuse, mais : que reste-t-il de la liberté si tout ce que nous faisons a des causes ? Une dissertation réussie tient cette question ouverte au lieu de la trancher en introduction.

Les distinctions qui structurent le devoir

Elles servent à éviter que le mot « liberté » ne recouvre trois choses différentes dans la même copie.

  • Liberté et libre arbitre : l'absence d'entrave extérieure, et le pouvoir de choisir entre plusieurs possibles.
  • Déterminisme et fatalisme : tout a une cause — ce n'est pas la même chose que tout est écrit d'avance.
  • Liberté et licence : faire ce qu'on veut, ou se donner à soi-même sa règle.
  • Liberté civile et liberté naturelle : ce que la loi rend possible, et ce que la nature ne m'interdit pas.
  • Contrainte et obligation : ce qui me force de l'extérieur, et ce que je reconnais devoir faire.

Les repères d'auteurs

Pour Spinoza, les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs désirs et ignorent les causes qui les déterminent. La liberté n'est pas dans l'absence de causes, mais dans la connaissance de celles qui agissent en nous.

Pour Descartes, la volonté est ce en quoi l'homme se rapproche le plus de l'infini : elle peut toujours suspendre son jugement. Il distingue toutefois une liberté d'indifférence, la plus basse, du choix éclairé par des raisons.

Pour Kant, la liberté n'est pas l'absence de loi mais l'autonomie : se donner sa propre loi, par opposition à l'hétéronomie, où la règle vient d'ailleurs. Obéir à ses seules inclinations, ce n'est pas être libre, c'est être conduit.

Pour Sartre, l'homme n'a pas de nature qui le précède : il est ce qu'il se fait, et cette liberté est une charge autant qu'un privilège. On ne peut pas s'en défausser sur les circonstances.

Les pièges de sujet

Le premier est de confondre déterminisme et fatalisme. Dire que mes choix ont des causes n'implique pas que tout soit joué d'avance : le déterminisme porte sur l'enchaînement des causes, le fatalisme sur un destin fixé.

Le deuxième est de traiter la liberté uniquement comme une question politique, en parlant de droits et de lois, quand le sujet porte sur le libre arbitre. Ou l'inverse. Il faut identifier lequel des deux plans est visé.

Le troisième est de conclure que la liberté est une illusion et de s'arrêter là. Une copie qui aboutit à cette thèse doit encore expliquer pourquoi nous continuons de juger, de blâmer et de nous sentir responsables.

Comment préparer cette notion

L'exemple qui fait le plus travailler cette notion est celui de la responsabilité pénale. Si un acte est entièrement déterminé, à quel titre punit-on ? Et pourtant les circonstances atténuantes existent, ce qui suppose des degrés.

Un deuxième exemple utile : l'addiction. Le désir y est vécu comme irrésistible, mais la personne peut souhaiter ne pas le suivre. Il y a donc deux niveaux de volonté, et la liberté se joue entre les deux.

Un troisième, plus abstrait mais efficace : la promesse. Se lier soi-même pour l'avenir est une restriction volontaire de ses possibles — et pourtant personne n'y voit une perte de liberté.

Questions fréquentes

Quelle différence entre liberté et libre arbitre ?

La liberté peut désigner l'absence d'entrave extérieure ; le libre arbitre désigne le pouvoir de choisir entre plusieurs possibles. Un sujet peut porter sur l'un sans porter sur l'autre.

Déterminisme et fatalisme, est-ce la même chose ?

Non. Le déterminisme affirme que tout phénomène a une cause. Le fatalisme affirme qu'une issue arrivera quoi qu'on fasse. Le premier n'implique pas le second, et les confondre est l'erreur la plus fréquente.

Que signifie l'autonomie chez Kant ?

Se donner à soi-même sa loi, par opposition à l'hétéronomie où la règle vient de l'extérieur ou des inclinations. La liberté n'est donc pas l'absence de règle mais son origine.

Peut-on conclure que la liberté est une illusion ?

C'est une thèse défendable, mais elle oblige à expliquer pourquoi nous continuons de juger et de tenir les gens pour responsables. Une copie qui s'arrête à l'illusion laisse le problème entier.

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