Philosophie · terminale
Theme du temps en philo
Le temps est ce que chacun croit connaître jusqu'à ce qu'on demande de le définir. Le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore, et le présent n'a pas d'épaisseur. Ce qui existe le plus manifestement se dérobe dès qu'on cherche ce qu'il est.
Le problème
Rien n'est plus familier que le temps : nous l'éprouvons continûment, nous le mesurons, nous organisons toute notre vie autour de lui.
Pourtant, l'analyse le fait disparaître. Le passé n'existe plus, l'avenir n'existe pas encore, et le présent se réduit à une limite sans durée entre les deux. Si aucune de ces trois parties n'a d'existence, que reste-t-il ?
Le problème est donc de comprendre où le temps se tient. Est-il dans les choses, ou dans l'esprit qui les perçoit ? La réponse engage tout le reste : le rapport à la mort, à la mémoire, au projet.
Les distinctions qui structurent le devoir
La deuxième est celle qui donne le plus de matière et se retrouve dans presque tous les sujets.
- Temps et durée : le temps mesuré, découpé en unités égales, et le temps vécu, qui s'étire ou se contracte.
- Temps objectif et temps subjectif : celui de l'horloge, et celui de l'attente ou de l'ennui.
- Passé, mémoire, souvenir : ce qui a eu lieu, la faculté de le retenir, l'image qui en revient.
- Éternité et intemporalité : une durée sans fin, et ce qui est hors du temps — un théorème, par exemple.
- Instant et présent : un point sans épaisseur, et l'épaisseur vécue du maintenant.
Les repères d'auteurs
Pour Augustin, il n'y a à proprement parler que trois présents : le présent du passé qui est la mémoire, le présent du présent qui est l'attention, le présent de l'avenir qui est l'attente. Le temps serait alors une distension de l'âme plutôt qu'une réalité extérieure.
Pour Bergson, il faut distinguer le temps de la science, découpé en instants juxtaposés comme des points sur une ligne, et la durée réellement vécue, continue et hétérogène, où les moments se pénètrent. Spatialiser le temps, c'est le manquer.
Pour Kant, le temps n'est ni une chose ni une relation entre les choses, mais une forme de notre sensibilité : nous ne pouvons percevoir quoi que ce soit sans l'ordonner dans le temps, qui est donc une condition de l'expérience et non son objet.
Pour les stoïciens comme pour Épicure, la question devient pratique : le regret et l'inquiétude portent sur ce qui n'existe pas — le passé et l'avenir — et la sagesse consiste à rapporter son attention à ce qui est.
Les pièges de sujet
Le premier est de traiter le temps comme un sujet d'organisation personnelle : gérer son temps, ne pas le perdre. Ce registre est étranger à la question philosophique.
Le deuxième est de rester dans le constat que le temps passe vite quand on s'amuse. C'est un point de départ acceptable, mais il faut le transformer en question : que révèle cette variation sur la nature du temps ?
Le troisième est de mobiliser la physique contemporaine sans la maîtriser. Mieux vaut une analyse rigoureuse de la durée vécue qu'une allusion approximative à la relativité.
Comment préparer cette notion
Trois expériences ordinaires suffisent à alimenter un devoir entier, à condition d'être analysées.
L'attente : une heure passée à attendre et une heure passée à travailler ont la même mesure et pas la même épaisseur. La distinction entre temps mesuré et durée vécue s'y impose d'elle-même.
Le souvenir : il ne restitue pas le passé, il le reconstruit, et il change avec celui qui se souvient. Cela interroge le rapport entre mémoire et vérité.
La promesse : elle engage un moi futur au nom d'un moi présent, et suppose donc une continuité de la personne à travers le temps. C'est le point où la notion rejoint celle de conscience.
Questions fréquentes
Quelle différence entre temps et durée chez Bergson ?
Le temps de la science est mesurable et découpé en instants équivalents, comme des points sur une ligne. La durée est le temps vécu, continu et hétérogène, où les moments se pénètrent au lieu de se juxtaposer.
Le temps existe-t-il en dehors de nous ?
C'est le cœur du sujet. Pour Kant, il est une forme de notre sensibilité, donc une condition de l'expérience plutôt qu'une réalité indépendante. D'autres positions le tiennent pour un ordre des choses mêmes.
Peut-on parler de la relativité ?
Avec prudence. Une allusion imprécise dessert la copie. Une analyse solide de la durée vécue ou de la mémoire vaut mieux qu'une référence scientifique mal maîtrisée.
Quel rapport entre temps et conscience ?
Étroit : la mémoire fonde le sentiment d'être le même à travers le temps, et le projet suppose de se rapporter à un avenir. Les deux notions se croisent naturellement dans les sujets.