Conjugaison · cycle 3 et collège
Futur simple
Le futur simple a une propriété qu'aucun autre temps ne partage : son radical est l'infinitif entier. « Je chanterai » contient chanter en toutes lettres. Cette régularité en fait un temps facile — à deux détails près, qui sont précisément ceux qui coûtent des points.
L'infinitif reste visible
Pour former le futur, on prend l'infinitif et on ajoute les terminaisons -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont. Chanter donne je chanterai, finir donne je finirai, partir donne je partirai.
Ces terminaisons ne sont pas choisies au hasard : ce sont celles du verbe avoir au présent. Le futur français s'est construit historiquement sur « infinitif + avoir », et cette origine explique qu'il n'y ait aucune exception dans les terminaisons, quel que soit le verbe.
Pour les infinitifs en -re, on retire simplement le e final : prendre donne je prendrai, écrire donne j'écrirai. Le r qui précède la terminaison reste, et c'est lui qui signale le futur à l'œil comme à l'oreille.
Le e muet des verbes en -er
C'est la première source d'erreur, et elle est invisible à l'oral. Dans « je jouerai », le e de jouer ne se prononce pas, mais il s'écrit. On l'oublie donc naturellement.
Le cas se présente pour tous les verbes dont l'infinitif se termine par une voyelle suivie de -er : jouer, étudier, créer, saluer, remercier. Ils donnent je jouerai, j'étudierai, je créerai, je saluerai, je remercierai.
La vérification est mécanique et ne demande aucune mémoire : écrire l'infinitif en entier, puis ajouter la terminaison. Si l'infinitif est jouer, alors le futur commence forcément par jouer-.
Les radicaux qu'il faut connaître
Une petite série de verbes très fréquents ne suit pas la règle de l'infinitif. Ils sont peu nombreux, mais ils reviennent sans cesse.
- être → je serai · avoir → j'aurai
- aller → j'irai · faire → je ferai
- venir → je viendrai · tenir → je tiendrai
- pouvoir → je pourrai · vouloir → je voudrai
- voir → je verrai · savoir → je saurai
- devoir → je devrai · falloir → il faudra
Futur ou conditionnel : le piège de la première personne
À la première personne du singulier, « je chanterai » et « je chanterais » ne se distinguent que par un s, et beaucoup de locuteurs les prononcent de façon très proche. C'est l'erreur la plus fréquente au collège et au lycée.
Le test qui tranche consiste à changer de personne. On remplace je par nous : si la phrase donne « nous chanterons », c'est un futur ; si elle donne « nous chanterions », c'est un conditionnel.
Le sens aide aussi : le futur affirme un fait à venir, le conditionnel exprime une hypothèse, une politesse ou un fait soumis à condition. « Demain je partirai » contre « si j'avais le temps, je partirais ».
Quand l'employer, et avec quoi il se combine
Le futur simple exprime un fait à venir par rapport au moment où l'on parle. Il concurrence le futur proche, formé avec aller, qui est plus fréquent à l'oral : « je vais partir » plutôt que « je partirai ».
En rédaction, le futur simple est attendu dans les textes qui projettent, expliquent ou annoncent. Il se combine naturellement avec des indicateurs de temps — demain, l'an prochain, dans dix ans — dont la présence signale à l'élève quel temps employer.
Une difficulté propre à la rédaction : après « quand » et « dès que », le français emploie le futur là où on attendrait un présent. On écrit « quand il arrivera, nous partirons », et non « quand il arrive ».
Questions fréquentes
Pourquoi écrit-on « je jouerai » avec un e ?
Parce que le futur se construit sur l'infinitif entier, et l'infinitif est jouer. Le e ne se prononce pas mais il fait partie du radical. La règle vaut pour tous les verbes du type créer, saluer, étudier.
Comment distinguer futur et conditionnel à l'écrit ?
En passant à la première personne du pluriel. « Nous chanterons » signale un futur, « nous chanterions » un conditionnel. Le sens confirme : le conditionnel suppose une condition ou une hypothèse.
Faut-il apprendre les radicaux irréguliers par cœur ?
Oui, mais ils sont peu nombreux : une douzaine de verbes couvre l'essentiel de ce qu'on rencontre. Ils reviennent si souvent qu'ils s'installent vite par la lecture.
Futur simple ou futur proche ?
Le futur proche, avec aller, domine à l'oral et convient aux faits imminents. Le futur simple est attendu à l'écrit, en particulier dans les textes qui annoncent ou projettent.