Conjugaison · cycle 3 et collège
Imperatif
L'impératif est le seul mode qui se conjugue sans sujet exprimé, et à trois personnes seulement. Cette économie de formes le rend facile à première vue. Les fautes viennent d'ailleurs : d'un s qui apparaît et disparaît, et de la place des pronoms, qui bascule selon que la phrase est affirmative ou négative.
Trois personnes, aucun sujet
L'impératif ne se conjugue qu'à la deuxième personne du singulier, à la première du pluriel et à la deuxième du pluriel : mange, mangeons, mangez. Aucun pronom sujet ne l'accompagne — écrire « tu mange » à l'impératif est une contradiction dans les termes.
Ce mode sert à donner un ordre, mais aussi un conseil, une consigne, une invitation ou une interdiction. C'est le mode des recettes, des notices, des règles du jeu et des consignes d'exercice : « découpe », « colle », « justifie ta réponse ».
Les formes sont celles du présent de l'indicatif, à une nuance près qui concerne précisément le premier groupe.
Le s qui disparaît, et qui revient
À la deuxième personne du singulier, les verbes du premier groupe perdent le s de l'indicatif : on écrit « tu manges » mais « mange ». Il en va de même pour aller — « va » — et pour les verbes du troisième groupe en -e comme ouvrir : « ouvre ».
Ce s reparaît dans un cas précis : devant les pronoms en et y, pour éviter la rencontre de deux voyelles. On écrit « manges-en », « vas-y », « penses-y ». Le s n'est pas une faute d'accord, c'est une liaison rendue visible.
Les verbes des autres groupes gardent leur s : finis, prends, viens, dis. La règle du s supprimé ne concerne que les verbes dont la forme se termine par -es à l'indicatif.
Les quatre verbes irréguliers
Quatre verbes très fréquents empruntent leurs formes au subjonctif et doivent être connus tels quels.
- être → sois, soyons, soyez
- avoir → aie, ayons, ayez
- savoir → sache, sachons, sachez
- vouloir → veuille, veuillons, veuillez
- À noter : « veuillez » est la forme des formules de politesse écrites — « veuillez agréer ».
La place des pronoms bascule à la forme négative
C'est la difficulté réelle de l'impératif, et elle est syntaxique plutôt qu'orthographique.
À la forme affirmative, les pronoms se placent après le verbe et s'y attachent par un trait d'union : donne-le-moi, prends-en, allons-y. Les pronoms me et te deviennent alors moi et toi.
À la forme négative, tout se replace avant le verbe et retrouve les formes ordinaires : ne me le donne pas, n'en prends pas, n'y allons pas. Le trait d'union disparaît avec le déplacement.
L'exercice qui installe le réflexe consiste à transformer des phrases d'une forme à l'autre, en série : donne-le-moi → ne me le donne pas ; parle-lui → ne lui parle pas.
Où on le rencontre le plus
L'impératif est omniprésent dans les consignes scolaires, ce qui en fait un mode à comprendre autant qu'à écrire. Un élève qui lit « justifie ta réponse » doit entendre une obligation, pas une suggestion.
Il est également le mode des textes procéduraux, régulièrement travaillés en rédaction : recette, règle du jeu, mode d'emploi, itinéraire. Ces textes sont d'ailleurs le meilleur support d'entraînement, parce qu'ils obligent à enchaîner les impératifs naturellement.
Enfin, il alterne à l'écrit avec d'autres formulations d'ordre : l'infinitif dans les notices — « ne pas dépasser la dose » — et le futur dans les consignes officielles. Savoir les distinguer aide à choisir le registre juste.
Questions fréquentes
Pourquoi « mange » sans s mais « manges-en » avec ?
Le s disparaît à l'impératif des verbes du premier groupe, mais il revient devant les pronoms en et y pour permettre la liaison. Ce n'est pas une marque d'accord, c'est un rôle phonétique.
L'impératif a-t-il un sujet ?
Non, jamais exprimé : c'est sa caractéristique. Écrire « tu mange » à l'impératif est incorrect ; on écrit simplement « mange ».
Où se placent les pronoms ?
Après le verbe et reliés par un trait d'union à la forme affirmative — donne-le-moi ; avant le verbe et sans trait d'union à la forme négative — ne me le donne pas.
Quels verbes sont irréguliers ?
Être, avoir, savoir et vouloir, qui empruntent leurs formes au subjonctif : sois, aie, sache, veuille. Les autres suivent le présent de l'indicatif.