Conjugaison · collège et lycée

Subjonctif

Le subjonctif n'est pas un temps : c'est un mode, au même titre que l'indicatif. On ne le choisit donc pas pour situer une action dans le temps, mais parce que quelque chose, dans le début de la phrase, l'impose. Comprendre cela règle l'essentiel des hésitations.

Ce n'est pas vous qui choisissez

L'indicatif présente un fait comme réel : « je sais qu'il vient ». Le subjonctif présente l'action comme envisagée, souhaitée, redoutée, mise en doute : « je veux qu'il vienne ».

Dans la quasi-totalité des cas, le subjonctif apparaît dans une proposition subordonnée introduite par « que », et il est déclenché par le verbe ou la conjonction qui précède. Il ne s'agit donc pas d'une nuance à sentir, mais d'une conséquence à repérer.

La bonne question n'est jamais « est-ce que ça sonne subjonctif ? » mais « qu'est-ce qu'il y a avant le que ? ». C'est ce qui précède qui commande.

Ce qui déclenche le subjonctif

Quatre familles de déclencheurs couvrent l'immense majorité des emplois rencontrés au collège et au lycée.

  • La volonté et l'ordre : vouloir que, souhaiter que, exiger que, ordonner que, interdire que.
  • Le sentiment : être content que, avoir peur que, regretter que, s'étonner que.
  • Le doute et la possibilité : douter que, il est possible que, il se peut que.
  • La nécessité : il faut que, il est nécessaire que, il importe que.
  • Certaines conjonctions : bien que, quoique, avant que, afin que, pour que, à moins que, jusqu'à ce que.

Le cas qui bascule : penser, croire, espérer

Certains verbes d'opinion commandent l'indicatif à la forme affirmative et le subjonctif à la forme négative ou interrogative. C'est la subtilité la plus fréquemment interrogée.

« Je pense qu'il vient » : le fait est présenté comme réel, donc indicatif. « Je ne pense pas qu'il vienne » : le fait est mis en doute, donc subjonctif.

Espérer fait exception et conserve l'indicatif : « j'espère qu'il viendra ». Cette irrégularité s'apprend telle quelle, elle ne se déduit pas.

Après « après que », l'usage classique demande l'indicatif, puisque le fait a eu lieu, alors qu'« avant que » demande le subjonctif. C'est logique une fois posé, et souvent malmené à l'oral.

Former le subjonctif présent

La construction est régulière et se déduit d'une forme déjà connue.

On part de la troisième personne du pluriel du présent de l'indicatif, on retire -ent, et on ajoute -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. « Ils finissent » donne que je finisse, que tu finisses, qu'il finisse.

Une poignée de verbes fréquents est irrégulière et doit être sue : être (que je sois), avoir (que j'aie), aller (que j'aille), faire (que je fasse), pouvoir (que je puisse), savoir (que je sache), vouloir (que je veuille), falloir (qu'il faille).

Le subjonctif imparfait, lui, ne s'emploie plus qu'en littérature : on le rencontre en lecture, on ne le produit pas.

Le repère qui fait gagner du temps

Pour vérifier si une forme est bien au subjonctif, on la fait précéder de « il faut que ». Si la phrase tient, la forme est correcte.

Pour les verbes du premier groupe, le subjonctif présent est identique au présent de l'indicatif à quatre personnes sur six : que je mange, que tu manges, qu'il mange, qu'ils mangent. La différence n'apparaît qu'au pluriel des deux premières personnes — que nous mangions, que vous mangiez.

C'est une bonne nouvelle pour l'élève : dans la majorité des cas rencontrés en rédaction, écrire correctement le subjonctif ne demande aucune forme nouvelle. Ce qu'il faut savoir, c'est quand il est attendu.

Questions fréquentes

Le subjonctif est-il un temps ou un mode ?

Un mode, comme l'indicatif, l'impératif et le conditionnel. Il ne situe pas l'action dans le temps mais présente l'action comme envisagée plutôt que comme réelle.

Pourquoi « je pense qu'il vient » mais « je ne pense pas qu'il vienne » ?

Parce que la forme négative introduit un doute sur la réalité du fait. Les verbes d'opinion basculent ainsi de l'indicatif au subjonctif à la forme négative ou interrogative.

Faut-il le subjonctif après « après que » ?

Non, l'usage classique demande l'indicatif, puisque le fait a eu lieu. C'est « avant que » qui appelle le subjonctif. La confusion entre les deux est très répandue à l'oral.

Comment former le subjonctif présent ?

À partir de la troisième personne du pluriel du présent : on retire -ent et on ajoute -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. Une dizaine de verbes fréquents sont irréguliers et s'apprennent tels quels.

Le subjonctif imparfait s'emploie-t-il encore ?

Presque plus, sauf dans la littérature et certains textes soutenus. Il faut savoir le reconnaître en lecture, pas le produire.

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