Orthographe grammaticale · collège

Participe passe

L'accord du participe passé a la réputation d'être une règle difficile. Elle est en réalité composée de trois règles distinctes, dont deux sont immédiates. Toute la difficulté réelle tient dans la troisième — et encore, dans un seul de ses cas.

Trois situations, pas une règle unique

Employé seul, sans auxiliaire, le participe passé fonctionne comme un adjectif et s'accorde avec le nom : « une porte fermée », « des devoirs finis ».

Avec l'auxiliaire être, il s'accorde avec le sujet : « elle est partie », « ils sont venus ». C'est la règle la plus intuitive, parce qu'elle correspond à ce que l'oreille attend.

Avec l'auxiliaire avoir, il ne s'accorde jamais avec le sujet. Il ne s'accorde qu'avec le complément d'objet direct, et seulement si celui-ci est placé avant le verbe. C'est là, et nulle part ailleurs, que se concentre la difficulté.

Le seul cas vraiment difficile

Avec avoir, il faut chercher le complément d'objet direct, puis regarder où il se trouve.

« J'ai mangé les pommes » : le complément est après, aucun accord. « Les pommes que j'ai mangées » : le complément, repris par que, est avant, donc accord au féminin pluriel.

Trois formes signalent un complément placé avant : le pronom relatif que, les pronoms personnels le, la, les, l', et les phrases interrogatives ou exclamatives commençant par quel ou combien. « Quelles pommes as-tu mangées ? »

Hors de ces trois cas, avec avoir, le participe reste invariable. C'est une simplification honnête : elle couvre la quasi-totalité de ce qu'un élève de collège écrira.

La méthode en trois questions

Appliquée dans l'ordre, elle tranche sans avoir à réciter la règle.

  1. Y a-t-il un auxiliaire ? Si non, le participe s'accorde comme un adjectif avec le nom.
  2. L'auxiliaire est-il être ? Si oui, accord avec le sujet.
  3. L'auxiliaire est-il avoir ? Alors chercher le complément d'objet direct en posant « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe.
  4. Ce complément est-il placé avant le verbe ? Si oui, accord avec lui. Si non ou s'il n'y en a pas, aucun accord.

Les verbes pronominaux

Ils se conjuguent avec être, ce qui donne l'impression que l'accord se fait avec le sujet. En réalité ils suivent la règle d'avoir, le pronom réfléchi jouant le rôle du complément.

« Elle s'est lavée » : s' est le complément d'objet direct, placé avant, donc accord. « Elle s'est lavé les mains » : le complément est « les mains », placé après, donc pas d'accord — et le s' devient un complément indirect.

Le test qui fonctionne : remplacer être par avoir et refaire l'analyse. « Elle a lavé elle-même » contre « elle a lavé les mains à elle-même ». La différence apparaît alors clairement.

Quelques verbes ne peuvent avoir de complément d'objet direct — se succéder, se parler, se téléphoner, se nuire — et leur participe reste toujours invariable : « elles se sont téléphoné ».

Ce qu'il vaut mieux travailler en premier

L'ordre d'apprentissage compte, parce que vouloir tout aborder à la fois ne produit qu'une confusion.

Le participe employé seul et l'accord avec être s'installent rapidement et couvrent déjà une part importante des cas d'un texte. Ils méritent d'être solides avant d'aborder avoir.

Pour avoir, le travail utile porte sur le repérage du complément d'objet direct, pas sur la règle d'accord elle-même. Un élève qui sait poser « qui ? quoi ? » après le verbe applique la règle sans effort ; un élève qui ne le sait pas ne l'appliquera jamais, même en la connaissant par cœur.

Questions fréquentes

Pourquoi « les pommes que j'ai mangées » mais « j'ai mangé les pommes » ?

Parce qu'avec avoir, l'accord ne se fait qu'avec un complément d'objet direct placé avant le verbe. Dans le premier cas, « que » reprend « les pommes » et se trouve avant ; dans le second, le complément suit le verbe.

Comment trouver le complément d'objet direct ?

En posant « qui ? » ou « quoi ? » juste après le verbe. « J'ai mangé quoi ? les pommes. » Si la question n'a pas de réponse, il n'y a pas de complément d'objet direct et donc pas d'accord.

Comment accorder avec les verbes pronominaux ?

En appliquant la règle d'avoir : le pronom réfléchi joue le rôle du complément. « Elle s'est lavée » s'accorde, « elle s'est lavé les mains » non, car le complément suit le verbe.

Le participe employé seul s'accorde-t-il toujours ?

Oui, il fonctionne alors comme un adjectif et s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte : une porte fermée, des exercices terminés.

Par quoi commencer avec un élève en difficulté ?

Par le participe employé seul et l'accord avec être, qui couvrent déjà beaucoup de cas. Puis par le repérage du complément d'objet direct, qui conditionne toute la règle d'avoir.

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