Conjugaison · cycle 3 et collège
Passe compose
Le passé composé se forme en deux morceaux : un auxiliaire et un participe passé. Tout se joue sur le premier. Choisir entre être et avoir décide non seulement de la forme du verbe, mais aussi de l'accord du participe — et parfois du sens de la phrase.
Deux auxiliaires, deux comportements
Avec avoir, le participe passé ne s'accorde pas avec le sujet : « elles ont mangé », sans s. Avec être, il s'accorde comme un adjectif : « elles sont parties ».
La majorité des verbes utilise avoir. Une liste restreinte utilise être : les verbes de déplacement et de changement d'état — aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, naître, mourir, rester, tomber, passer, retourner — ainsi que tous les verbes pronominaux.
Cette liste s'apprend, mais elle s'oublie aussi. Le repère qui tient : demander si le verbe décrit un déplacement ou un passage d'un état à un autre. Naître, mourir, devenir, rester marquent un état ; aller, venir, partir, arriver marquent un déplacement.
Les verbes qui changent de sens selon l'auxiliaire
Certains verbes acceptent les deux auxiliaires, et le choix n'est alors pas une question de style : il change le sens.
- Il est sorti (il a quitté un lieu) · Il a sorti le chien (il a fait sortir quelque chose).
- Elle est montée (elle s'est déplacée vers le haut) · Elle a monté les valises.
- Nous sommes passés devant chez toi · Nous avons passé un examen.
- Ils sont retournés en Bretagne · Ils ont retourné la crêpe.
- La règle sous-jacente : avec un complément d'objet direct, l'auxiliaire devient avoir.
Former le participe passé sans se tromper
Les verbes du premier groupe donnent un participe en -é : mangé, joué, parlé. Ceux du deuxième groupe donnent -i : fini, choisi, grandi. Le troisième groupe est varié : -u (vu, bu, couru), -i (parti, dormi), -is (pris, mis), -it (dit, écrit), -ert (ouvert, offert).
L'erreur la plus courante concerne les verbes du premier groupe, où -é et -er se prononcent de la même façon. « J'ai mangé » contre « je vais manger » : le premier est un participe, le second un infinitif.
Le test qui tranche est celui du remplacement par un verbe du troisième groupe, généralement prendre ou vendre. Si l'on peut dire « j'ai pris », c'est un participe et l'on écrit -é. Si l'on doit dire « je vais prendre », c'est un infinitif et l'on écrit -er.
Passé composé ou imparfait
C'est le vrai enjeu en rédaction, bien plus que la formation elle-même. Les deux temps racontent le passé, mais pas de la même manière.
Le passé composé raconte une action qui a lieu, qui avance, qui se termine : « il a ouvert la porte ». L'imparfait décrit le décor, l'habitude, l'état qui dure : « il faisait nuit, la pluie tombait ».
Une image utile pour un élève : l'imparfait, c'est le film au ralenti en arrière-plan ; le passé composé, ce sont les événements qui font avancer l'histoire. Dans un récit, les deux alternent constamment, et c'est cette alternance qui donne du relief au texte.
Ce qu'il faut travailler en priorité
Trois automatismes suffisent à faire disparaître l'essentiel des fautes, et ils se travaillent séparément.
Le premier : le test prendre / vendre pour trancher entre -é et -er. Il ne demande rien à mémoriser et fonctionne dans tous les cas.
Le deuxième : identifier l'auxiliaire avant d'écrire le participe, car c'est lui qui décide de l'accord. Le troisième : en rédaction, se demander si l'on décrit ou si l'on raconte, ce qui détermine le choix avec l'imparfait.
Questions fréquentes
Comment savoir s'il faut être ou avoir ?
Les verbes de déplacement et de changement d'état prennent être, ainsi que tous les verbes pronominaux. Tous les autres prennent avoir. Un verbe suivi d'un complément d'objet direct passe à avoir, même s'il figure dans la liste.
Pourquoi « elles sont parties » mais « elles ont mangé » ?
Parce qu'avec l'auxiliaire être, le participe s'accorde avec le sujet comme un adjectif, alors qu'avec avoir il ne s'accorde pas avec lui. C'est la conséquence directe du choix de l'auxiliaire.
Quand employer le passé composé plutôt que l'imparfait ?
Le passé composé raconte les actions qui font avancer le récit, l'imparfait décrit le décor, les habitudes et les états qui durent. Dans un texte narratif, les deux alternent.
Le passé composé s'utilise-t-il à l'écrit littéraire ?
Oui, il est aujourd'hui le temps du récit à l'écrit courant. Le passé simple reste employé dans la littérature narrative et dans certains textes historiques, mais il n'est plus le seul temps du récit.