Philosophie · terminale
Theme de la verite en philo
La vérité n'est pas une chose mais une propriété : ce ne sont pas les faits qui sont vrais, ce sont les énoncés que l'on tient sur eux. Cette distinction, si elle est posée d'entrée, évite la moitié des maladresses sur cette notion.
Le problème
Nous voulons le vrai, et nous ne disposons que de nos représentations. Comment vérifier qu'une idée correspond à la réalité, puisque nous ne pouvons pas sortir de nos idées pour comparer ?
S'y ajoute une difficulté de fait : les vérités changent. Ce que la science tenait pour établi hier a été remplacé. Faut-il en conclure que la vérité est relative à une époque, ou que nous progressons vers elle sans jamais l'atteindre ?
Le sujet se joue là : entre un scepticisme qui renonce et un dogmatisme qui ne doute pas, la philosophie cherche un troisième terme — les conditions auxquelles un énoncé peut être tenu pour vrai.
Les distinctions qui structurent le devoir
Elles évitent que le mot vérité ne désigne successivement trois choses incompatibles.
- Vérité et réalité : la réalité est ce qui est, la vérité une qualité du discours qui la dit.
- Vérité et opinion : l'opinion peut être juste par accident ; elle ne sait pas pourquoi elle a raison.
- Vérité et certitude : la certitude est un état du sujet, la vérité une propriété de l'énoncé. On peut être certain et se tromper.
- Vérité formelle et vérité matérielle : la cohérence d'un raisonnement, et son accord avec les faits.
- Démontrer et prouver : établir par la logique, et établir par l'expérience.
Les repères d'auteurs
Pour Platon, l'opinion reste prisonnière des apparences ; l'allégorie de la caverne décrit le chemin difficile qui mène du reflet à ce qui le produit. La vérité se conquiert contre l'évidence immédiate.
Pour Descartes, il faut douter méthodiquement de tout ce qui peut l'être afin de trouver ce qui résiste. Le critère du vrai devient alors l'évidence : ce qui se présente à l'esprit si clairement qu'on ne peut en douter.
Pour Bachelard, la connaissance scientifique se construit contre une connaissance antérieure : les obstacles ne sont pas seulement dehors, ils sont dans les idées reçues qui nous semblent aller de soi.
Pour Popper, un énoncé n'est scientifique que s'il est réfutable, c'est-à-dire s'il précise ce qui, s'il se produisait, le ferait tomber. Une théorie que rien ne peut contredire n'est pas pour autant plus solide.
Les pièges de sujet
Le premier est de traiter « chacun sa vérité » comme une thèse philosophique. C'est une opinion sur les opinions, et une copie qui s'y arrête ne fait qu'énoncer le problème.
Le deuxième est de confondre vérité et sincérité. Dire vrai, c'est dire ce qui est ; être sincère, c'est dire ce qu'on croit. Un menteur peut énoncer une vérité par erreur, et un homme sincère peut se tromper.
Le troisième est de croire que le relativisme se réfute en le déclarant contradictoire. Il faut expliquer pourquoi, et cela mérite un paragraphe entier : si tout est relatif, cette phrase l'est aussi.
Comment préparer cette notion
Trois exemples portent loin et se prêtent à l'analyse plutôt qu'à l'illustration.
Le premier : une théorie scientifique dépassée. Elle n'était pas fausse au sens de mensongère ; elle rendait compte des faits connus. Que dire alors de nos théories actuelles ?
Le deuxième : le témoignage. Deux personnes sincères décrivent la même scène différemment. La sincérité ne suffit donc pas, et la question devient celle des critères.
Le troisième : l'illusion d'optique. Elle montre que l'erreur peut résister même quand on la sait erreur — ce qui interdit de faire de l'évidence sensible le critère du vrai.
Questions fréquentes
Quelle différence entre vérité et réalité ?
La réalité désigne ce qui existe ; la vérité qualifie un discours qui s'accorde avec elle. Les choses ne sont pas vraies, les énoncés le sont.
Peut-on dire « à chacun sa vérité » ?
C'est une opinion, pas une thèse. Elle se heurte à une objection immédiate : si tout est relatif, alors cette affirmation l'est aussi. Le relativisme mérite d'être discuté, pas adopté comme conclusion.
Qu'est-ce que la falsifiabilité ?
Pour Popper, un énoncé n'est scientifique que s'il indique ce qui pourrait le réfuter. Une théorie compatible avec n'importe quel fait n'en est pas plus solide : elle sort du champ scientifique.
Vérité et certitude, est-ce la même chose ?
Non. La certitude est un état psychologique du sujet, la vérité une propriété de l'énoncé. On peut être absolument certain d'une erreur.